À la rencontre de Mariève Savaria

Ce n'est pas à tous les jours qu'on rencontre quelqu'un avec qui on partage aussi intensément une vision et une passion communes des légumes, de la saisonnalité et des liens entre ingrédients, cuisine, agriculture et changement social. J'ai d'abord croisé le travail de Mariève en fouillant le web pour une recette de rhubarbe qui n'était pas une compote il y a quelques années (j'étais tombée sur son blogue Brutalimentation). Je vous laisse à ses mots et à quelques illustrations saisonnières en vous souhaitant un bon mois de juin.

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1. Quel est votre métier et depuis quand le pratiquez-vous?

Chef cuisinière et propriétaire du traiteur prêt-à-manger végétalien Brutalimentation et du blogue du même nom pendant presque 10 ans. J’ai aussi enseigné la cuisine végétalienne à travers ça. J’ai arrêté le traiteur l’automne dernier. Je m’oriente maintenant en agriculture biologique et permaculture. J’ai l’appel de la terre. Cette année sera ma première en tant que maraîchère biologique au côté de mon conjoint, Francis Madore, qui a démarré sa ferme (Les Jardins d’Ambroisie) il y a maintenant 12 ans. Après avoir valorisé en cuisine les végétaux, et le travail des artisans de la terre, je souhaite à présent travailler au début de la chaîne alimentaire.

2. Qu’aimez-vous le plus de votre métier?

En cuisine : la créativité durant la période des récoltes locales ! C’est une joie profonde chaque fois que je vais aux champs récolter ce qui est à point (c’est Noël à chaque fois) pour le valoriser dans l’assiette et le savourer avec mes filles et mon chum.

En cuisine ET en agriculture: l’équilibre entre savoir-faire et instinct. S’approprier et maîtriser suffisamment la matière pour ensuite y utiliser et y jumeler son instinct, c’est un moment de grâce dans ces deux sphères de ma vie.

En agriculture: travailler dehors en harmonie avec dame Nature. Écouter, observer et respecter ses enseignements. En fait, je constate qu’il y a plusieurs similitudes entre la culture maraîchère et la cuisine maraîchère. Et d’avoir cuisiné autant les récoltes quand j’avais mon service traiteur, me permet de comprendre et de mieux répondre aux besoins de ceux qui sont partenaires de notre ferme. Parce que les conseils et idées culinaires sont toujours en demande dès l’arrivée de la saison des légumes.

3. Quelle mission en lien avec le système alimentaire souhaitez-vous accomplir par votre travail?

J’en ai deux! Passer le message que cuisiner ça peut être terriblement simple si on cuisine de vrais aliments récoltés à point ET rendre accessible la diversité végétale. Idéalement, soutenir le tout par l’éducation. Je rêve d’une « ferme école de cuisine maraichère » pour les jeunes et les mois jeunes… un truc multigénérationnel qui cuisinerait les récoltes et qui nous apprendrait à s’alimenter de la semence à l’assiette! Chaque individu doit pouvoir s’alimenter à partir de produits frais et ne pas dépendre de l’industrie pour se nourrir.

4. Si vous pouviez régler une seule problématique en lien avec le système alimentaire québécois, ce serait laquelle?

L’accès pour tous aux végétaux cultivés dans le respect de l’environnement.  Heureusement que je produis mes végétaux parce que dans les petits villages (c’est aussi le cas en ville), l’accès aux légumes et fruits frais est limité.  C’est tellement plus facile de trouver un sac de chips qu’une pomme et ce malgré, que j’habite une région, la Montérégie, qui est un grand producteur de pommes conventionnelles ET bio.

5. Quels sont les 3 produits ou aliments du Québec que vous avez toujours dans votre frigo ou garde-manger?

Parce que savoir assaisonner à l’année est tout, sinon plus important que savoir cuisiner:

  • Miso Massawipi

  • Vinaigre de cidre de pomme local

  • Ail du Québec

6. Quelle femme, impliquée dans le système alimentaire, admirez-vous ?

  • Ici : Laure Waridel

  • Ailleurs: Alice Water

Pour leur soutien à une alimentation durable, responsable et par le fait même, à l’agriculture locale.

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Pour en savoir plus sur Mariève

La ferme de Mariève et son conjoint Francis à Saint-Chrysostome en Montérégie s'appelle les Jardins d'Ambroisie. Ils y cultivent des fruits et légumes certifiés biologiques. Pour en savoir plus sur leur démarche et leurs récoltes, consultez leur site web et leur groupe Facebook.

Ils seront aussi au Marché fermier Laurier (en face du métro Laurier sortie Nord) tous les dimanches de la saison à partir de ce dimanche le 3 juin. Si tout va comme prévu, ils y seront aussi les jeudis à partir du 21 juin en alternance avec le dimanche.

Pour les inscriptions aux paniers d'agriculteurs locaux et biologiques dont leur ferme fait partie, rendez-vous sur le site d'Équiterre (il est encore temps pour la saison 2018!).

Photo de  Brutalimentation