À la rencontre de Lyne Bellemare

Je pense avoir rencontré Lyne pour la première fois lors du premier Marché de mai de On sème en 2015. Pour la 5ème édition du Marché qui aura lieu le samedi 11 mai prochain à Ausgang, elle y sera une fois de plus pour vendre ses semences. L’été passé, j’ai eu la chance de visiter sa ferme pour un cours de préservation des semences avec le groupe de l’Université d’été d’agriculture urbaine du campus Mil.

J’admire sa détermination, son humour, et sa capacité à transmettre son amour de la biodiversité et des semences. Bonne lecture!

De gauche à droite, semences et fleurs de panais, rutabaga, pois et pomme

De gauche à droite, semences et fleurs de panais, rutabaga, pois et pomme

1. Quel est votre métier et depuis quand le pratiquez-vous?

Je suis semencière, c'est à dire que je fais pousser des variétés de légumes pour récolter, conserver et en partager les semences. Je travaille pour Semences du patrimoine Canada depuis 10 ans, et j'ai ma propre entreprise de semences patrimoniales, Terre Promise, depuis maintenant 5 ans.

2. Qu’aimez-vous le plus de votre métier?

Être dehors tout l'été, à faire pousser des légumes que je rapporte à la maison pour nourrir ma famille. J'adore découvrir des variétés oubliées ou rares qui renaissent dans nos champs et que je peux par la suite goûter, sentir et partager. Le fait que nous sauvons parfois des variétés de l'extinction est aussi vraiment valorisant.

3. Quelle mission en lien avec le système alimentaire souhaitez-vous accomplir par votre travail?

Un système alimentaire sain et viable est un système diversifié. Pour une plus grande sécurité alimentaire, il est important d'avoir des graines qui vont donner des légumes adaptés à la localité où ils sont cultivés, et en avoir beaucoup! Plus de diversité dans les jardins et les champs permet une meilleure performance et une meilleure défense face aux changements qui vont survenir dans les années à venir, comme les changements climatiques. Par exemple, si on fait pousser une seule variété de concombre et qu'une maladie se déclare, ce sont tous les concombres qui vont y passer. Si on a différentes variétés, certaines vont s'en sortir mieux, et la variété sera plus résistante pour les années à venir.

4. Si vous pouviez régler une seule problématique en lien avec le système alimentaire québécois, ce serait laquelle?

Les semences sont souvent les oubliées du système alimentaire. Pourtant, c'est le début de presque toute notre nourriture! Donc il serait important de valoriser nos semences québécoise du terroir, et arrêter d'acheter des semences qui viennent de très loin et qui ne sont pas habituées à notre localité, nos sols, notre climat et nos insectes.

5. Quels sont les 3 produits ou aliments du Québec que vous avez toujours dans votre frigo ou garde-manger?

Dans mon champ? J'ai toujours la tomate Savignac, je ne jure que par le concombre Tante Alice et j'ai toujours de l'ortie en tisane que je fais pousser moi-même mais que j'envoie mon père cueillir.

6. Si vous aviez à nommer une femme, impliquée dans le système alimentaire ici ou ailleurs dans le monde dont vous admirez le travail, de qui s'agirait-il?

Vandana Shiva - Elle est l'une des chefs de file des écologistes de terrain et des altermondialistes au niveau mondial, notamment pour la promotion de l'agriculture paysanne traditionnelle et biologique, en opposition à la politique d'expansion des multinationales agro-alimentaires et au génie génétique. Elle lutte contre le brevetage du vivant et la biopiraterie.

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Pour en savoir plus
Terre Promise, semencière artisanale
Site web (achat de semences en ligne)
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Semences du patrimoine Canada
Site web

Crédits :  Terre Promise

Crédits : Terre Promise